Le blogue du Bioparc

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Promenade en nature

C’est avec les fourmis dans les jambes que vous sortez de votre torpeur hivernale? Bientôt, vous partirez avec vos bottes de marche et votre sac à dos en expédition dans la nature! Mais attention, savez-vous comment minimiser l’impact que vous avez sur la nature lors de vos sorties en forêt ? Quelques consignes bien simples permettent de réduire considérablement l’impact que nous avons en milieu sauvage.

D’abord, la règle du « rapportez tout ». À l’aire du suremballage des aliments, les déchets peuvent s’accumuler rapidement : cartons de jus, emballages de barre tendre, etc. L’idée qu’il faut garder en tête, c’est que tous ces « contenants » sont certainement plus légers à transporter vides que lorsqu’ils contenaient un aliment. En plus, il est très rapide, une fois rendu à la maison, de jeter le tout dans une poubelle ou encore dans le bac à recyclage, selon la nature du déchet. Un bon truc est d’apporter un sac avec soi dans lequel on pourra mettre tous les déchets créés lors de notre sortie en forêt. Et pourquoi n’utiliseriez-vous pas de mouchoirs en tissus ? Cela pourrait limiter vos déchets à transporter.

Dans le cas des fruits et des légumes, qui pourraient être consommés par les animaux, ne les jetez surtout pas en nature! En effet, ces déchets pourraient rapidement s’accumuler aux abords des sentiers très achalandés. Que diriez-vous si près d’un banc, en marchant sur le mont Albert dans le parc national de la Gaspésie, vous retrouviez quelques trognons de pomme, un bout de céleri, deux ou trois carottes et un bout de pain? Vous n’aimeriez probablement pas l’expérience. Parce que lorsque l’on se rend en nature, la seule chose que l’on veut voir ce sont des milieux où il y a le moins de traces possible des humains. Alors, même dans le cas des matières compostables, rapportez tout avec vous…

Ensuite, il faut s’abstenir de sortir des sentiers, puisque lors de ces escapades, plusieurs plantes peuvent être piétinées et, au fil du temps, de petits sentiers se forment à différents endroits. Ce point est facile à aborder, mais nous gardons tous en tête une bonne histoire « d’envie pressante » qui a nécessité de quitter la route. Dans ces cas extrêmes, prenez le temps de vérifier où vous mettez les pieds, n’oubliez surtout pas de creuser un trou que vous remplirez de terre par la suite et surtout, rapportez votre papier hygiénique… dans le sac que vous aurez prévu à cet effet. Quoi de plus désagréable que de jeter un coup d’œil hors du sentier et de découvrir des dizaines de petits morceaux blancs? Ceci est sans parler du temps qu’ils prennent à se dégrader en forêt. Une bonne idée, renseignez-vous sur la localisation des toilettes le long du parcours que vous allez emprunter avant de partir. Cela vous évitera de sortir des sentiers battus…

Par ailleurs, prenez soin d’observer la faune à distance en ne tentant pas de suivre ou de toucher un animal. Nourrir un animal sauvage est une très mauvaise idée, pour votre santé et celle de l’animal. Et si vous vous promenez avec toutou, assurez-vous que les règlements du site le permettent et tenez-le en laisse. Il est également essentiel de respecter les périodes de reproduction et de mise bas de certaines espèces et ainsi, de s’abstenir de fréquenter certaines zones, lorsque proscrites. La signalisation prévue à cet effet doit être respectée, surtout lorsqu’il s’agit d’une espèce avec un statut particulier, comme la population de caribous des bois (Rangifier tarandus caribou) du parc national de la Gaspésie.

Pour terminer, ne récoltez rien sur votre passage. Plante, roche, feuille, branche, tout doit rester en place! Il faut toujours garder en tête : « …et si toutes les personnes qui passeront derrière moi faisaient la même chose ». Vous changerez vite d’idée!

En somme, vous aurez compris que votre passage ne doit laisser aucune trace par respect pour la nature, les animaux qui y vivent et les personnes qui passeront derrière vous… Et vous, quel est votre code d’éthique lors de vos activités en plein air?

 

Auteure : Cindy Gagné, Biologiste responsable de l’interprétation au Bioparc de la Gaspésie.
Source : Sans trace Canada : www.sanstrace.ca/principes