Le blogue du Bioparc

Retourner au blogue

Colocataires non désirés

Avec le froid de canard qui s’abat sur le Québec en ce mois de janvier, les insectes et autres arthropodes sont le dernier de nos soucis. La majorité d’entre eux est enfouie dans le sol ou cachée sous l’écorce d’un arbre afin de passer à travers l’hiver. Ce sont des animaux à sang froid, incapables de réguler leur température interne, c’est donc pourquoi ils vont entrer en période de dormance dès l’automne. Cependant, certains profitent de la chaleur de nos maisons pour proliférer toute l’année.
 

Avec son apparence répulsive et sa tendance à apparaître lorsqu’on s’y attend le moins, le perce-oreille est un insecte détesté de plusieurs. Mesurant en moyenne deux centimètres, il possède, au bout de son abdomen, deux cerques, les « pinces », droits chez la femelle et arqués chez le mâle. Ces appendices sont utiles pour se défendre et au moment de la reproduction. Malgré les légendes, le perce-oreille ne se loge pas dans les oreilles, il préfère plutôt les endroits frais, sombres, humides et étroits et sort principalement la nuit. Bien que peu apprécié, le perce-oreille est un insecte inoffensif pour l’homme, voire même bénéfique. Il a une alimentation omnivore et se nourrit de petits insectes nuisibles, comme les pucerons, ainsi que de végétaux bien mûrs et de matière en décomposition. Comme il ne peut se reproduire dans une maison, il n’est que de passage.

 
Souvent confondu avec un insecte, le cloporte est en fait un cousin du homard et de la crevette, c’est un crustacé. Facilement reconnaissable par sa forme ovale, il mesure jusqu’à quinze millimètres de long et est de couleur grise, brune ou noire. Certaines espèces de cloportes, lorsque menacées, ont la capacité de se rouler en boule, protégeant leur corps avec les plaques de son exosquelette. Comme le perce-oreille, le cloporte vit dans les endroits humides. Comme il se nourrit de matières en décomposition, il ne cause pas de dommage dans une maison et il est inoffensif pour l’homme, bien que plusieurs trouvent désagréable de l’avoir comme colocataire.
 
Mesurant jusqu’à 2,6 centimètres et possédant plusieurs très grandes pattes, deux par segment, la scutigère véloce a de quoi faire peur. Appréciant les endroits chauds et humides, elle est aperçue dans les salles de bain et les sous-sols, parfois dans le bain, les lavabos ou près d’un drain. Lorsqu’elle se sent menacée, elle émet une odeur nauséabonde. Si ce n’est pas suffisant, elle peut mordre, injectant une petite quantité de venin. Comme elle est carnivore, ce venin lui permet de tuer ses proies. Chez l’homme, le venin n’est pas assez fort pour tuer, mais cause plutôt une réaction ressemblant à une piqure d’abeille avec une enflure et une douleur localisée. Comme avec une piqure d’abeille, il est important de garder un œil sur la réaction, puisque certaines personnes sont allergiques au venin de scutigère. Comme elle chasse une grande quantité de petits insectes et arthropodes, elle est très utile dans une maison, il faut simplement la laisser tranquille.
 
Cousine de la scutigère, la scolopendre se retrouve aussi dans nos maisons dans les endroits humides. Son corps aplati et ses longues pattes, bien que moins longues que celles de la scutigère, lui permettent de se sauver rapidement lorsqu’elle sent du danger. Elle mesure jusqu’à trois centimètres de long et arbore une couleur brun-rouge. Carnivore, elle utilise aussi sa morsure pour injecter du venin dans ses proies avant de les manger. La scolopendre habitant le Québec n’a pas une morsure dangereuse pour l’homme contrairement à sa cousine vivant dans les régions tropicales, pouvant atteindre près de 40 centimètres, ayant une morsure très douloureuse et pouvant causer des problèmes chez les personnes âgées ou en très bas âge. Dans une maison ou dans un jardin, elle est très utile puisqu’elle limite les populations d’insectes nuisibles.
 
Le mille-pattes, qui n’a jamais mille pattes, est un petit arthropode qui a besoin de beaucoup d’humidité. C’est pourquoi il meurt généralement assez rapidement s’il reste pris dans une maison. Néanmoins, on peut l’apercevoir dans les sous-sols et dans les rangements de bois de chauffage. Il est détritivore et se nourrit de matière végétale en décomposition. Il ne s’attaque donc à rien dans une maison et n’est pas nuisible. S’il se sent menacé, il se roule tout simplement en boule. Certains peuvent aussi dégager un liquide nauséabond.
 
Malgré leur allure plutôt repoussante, tous ces organismes sont inoffensifs pour l’homme et plusieurs sont même utiles. Malgré tout, si vous aimeriez vous débarrasser de ceux-ci ou éviter qu’ils entrent dans vos maisons, voici quelques trucs. Premièrement, tous ces arthropodes vivent dans l’humidité, alors il est important de garder votre maison, surtout le sous-sol, bien sec. L’installation d’un déshumidificateur peut grandement aider. Vérifier les potentielles fuites d’eau qui favorisent les milieux humides dans votre maison. La plupart de ces organismes peuvent entrer par les fissures dans les murs ainsi que par le bois de chauffage. En remplissant les fissures de scellant et en portant une attention particulière lorsque le bois de chauffage est entré dans la maison, vous limiterez les colocataires non désirés. Mais n’oubliez pas, même s’ils ne sont pas bien beaux et qu’ils vous répugnent, pensez au service qu’ils vous rendent en vous débarrassant de toutes les autres bestioles nuisibles comme les blattes, les poissons d’argent et les fourmis.
 
 
 
Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’éducation
 
Photos : Wikimedia Commons
 
 

 

Source : 

 

 

 

Espace pour la vie Montréal. Cloportes, [En ligne]. http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/cloportes (Page consultée le 10 janvier 2017)

 

 

 

Espace pour la vie Montréal. Scutigère, [En ligne]. http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/scutigere (Page consultée le 10 janvier 2017)
Espace pour la vie Montréal. Perce-oreilles, [En ligne]. http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/perce-oreilles (Page consultée le 10 janvier 2017)
Exterminateur.com. Quels sont les insectes qui vivent dans nos maisons?, [En ligne]. http://www.exterminateur.com/blogue/quels-sont-les-insectes-qui-vivent-dans-nos-maison/ (Page consulté le 10 janvier 2017)
Gouvernement du Canada. Scolopendres, mille-pattes et cloportes, [En ligne]. http://www.canadiensensante.gc.ca/product-safety-securite-produits/pest-control-products-produits-antiparasitaires/pesticides/tips-conseils/sowbug-cloportes-fra.php (Page consultée le 10 janvier 2017)