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L’amour animal – 18 ans et plus!

Acheter des roses et du chocolat ou un bijou et sortir au restaurant sont parmi les choses que nous faisons dans l’espoir de faire plaisir à notre douce moitié pour la Saint-Valentin. Pour plusieurs, tous ces beaux gestes ont aussi pour but de séduire l’être aimé afin d’avoir droit à une fin de soirée collée. Et chez les animaux? Comment se déroule la séduction qui mène à la procréation? Est-ce que le mâle apporte un objet ou une proie fraîchement tuée à une femelle pour qu’elle le choisisse? Voici cinq espèces animales et leurs techniques de séduction et de reproduction. 

 

 

Demoiselle

 

Les demoiselles sont des insectes délicats, souvent confondus avec leurs cousines, les libellules. On les distingue par leur corps plus mince et par leurs ailes fermées au-dessus de l’abdomen lorsqu’elles sont au repos. La demoiselle vit près d’un point d’eau et c’est à cet endroit qu’a lieu la séduction. Les mâles ont des techniques différentes, propres à chaque espèce. Certains vont être territoriaux et vont même aller jusqu’à se lancer dans un combat contre un rival. Les femelles volent près de ces mâles et sélectionnent le gagnant. D’autres vont plutôt voler à la recherche de femelles afin de leur montrer leurs performances aériennes. Finalement, certains vont utiliser les couleurs sur leurs ailes, servant à intimider les autres prétendants tout en attirant les femelles.
Une fois le couple formé, le mâle va voler au-dessus de la femelle puis va l’attraper de ses pattes avant de s’agripper à son cou avec ses appendices anaux. Puis, il va courber son abdomen et déposer son sperme dans la cavité de son organe copulateur, situé tout près de son thorax. Ensuite, c’est la femelle qui courbe son abdomen vers le mâle pour s’accoupler. La figure que forment les demoiselles lors de l’accouplement est appelée « cœur d’accouplement » et peut durer de quelques minutes à quelques heures. Une fois l’accouplement terminé, le mâle reste accroché à la femelle pendant la ponte des œufs.

 

Orignal 

 

L’orignal est le plus grand cervidé au monde et son panache est signe de virilité. Plus celui-ci est gros, meilleures sont ses chances de se reproduire. Contrairement à d’autres espèces de cervidés, où le mâle s’accouple avec un harem de femelles, l’orignal suit patiemment une femelle à la fois. Il parcourt de grandes distances à la recherche de femelles en chaleur. C’est d’ailleurs la femelle qui établit un territoire de reproduction, qu’elle patrouille jour et nuit. Elle pousse des gémissements qui peuvent s’entendre à plus de trois kilomètres, attirant ainsi les mâles matures. Dans les jours précédents l’ovulation, la femelle se laisse approcher par le mâle qu’elle a choisi. Il la touche, la lèche et elle en fait de même. Elle va aussi se rouler dans les souilles, dépressions dans le sol où le mâle urine, afin de s’imprégner de l’odeur. C’est seulement lorsqu’elle est prête que la femelle laisse le mâle s’accoupler avec elle. Elle se laisse d’ailleurs monter plusieurs fois jusqu’à ce que l’accouplement fonctionne. Par la suite, elle s’éloigne, ayant perdu tout intérêt pour le mâle.
Tout au long du rut, le mâle ne mange presque plus et se concentre sur les femelles. Il creuse, à l’aide de ses sabots, plusieurs souilles par jour dans lesquelles il urine et se roule afin d’imprégner son abdomen, sa barbiche et son panache de phéromones. C’est la grosseur du panache et la force de chaque mâle qui détermine lequel d’entre eux pourra se reproduire. Les mâles commencent par se juger entre eux. Ils sont généralement capables de déterminer leur chance de gagner un combat. Si deux mâles ont un panache semblable, alors ils commencent un rituel de combat. Ils vont s’examiner longuement, en marchant côte à côte. Ils vont aussi gratter le sol, uriner et saliver. Si cette parade n’est pas suffisante, les mâles se battent violemment. Les panaches s’entrechoquent et les deux mâles poussent vers l’autre avec force jusqu’à ce qu’un des deux cède. Ces combats peuvent durer des heures et les mâles peuvent en mourir, soit des suites de leurs blessures, soit par épuisement.

 

Porc-épic 

 

Le porc-épic est bien connu pour son mode de défense, soit ses 30 000 piquants. Par contre, sa méthode de séduction et de reproduction est un sujet peu abordé. C’est en automne qu’a lieu l’accouplement du porc-épic. La femelle est réceptive entre 8 et 12 heures durant cette période. Elle urine sur son territoire et pousse des cris aigus afin d’attirer plusieurs mâles. Ceux-ci compétitionnent en utilisant des cris forts, en se mordant violemment et en utilisant leurs piquants afin de déterminer le dominant qui s’accouplera avec la femelle. Lorsqu’une paire est formée, le mâle suit la femelle jusqu’à ce qu’elle soit réceptive. Durant la séduction de la femelle, le mâle va uriner sur celle-ci, ce qui, parait-il, stimulerait la femelle. Lorsqu’elle est prête, ils vont se placer sur leurs pattes arrière et « danser » ensemble, le tout en grognant et en geignant. Puis la femelle aplatit ses piquants et lève la queue sur son dos afin de protéger l’abdomen de son partenaire. Une fois l’acte terminé, chacun part de son côté, l’un poussant des cris stridents si l’autre semble vouloir recommencer.
 
Couleuvre rayée 
La couleuvre rayée hiberne en groupe dans les cavernes durant l’hiver. Au printemps, ce sont les mâles qui sortent en premier. Ils profitent des premiers rayons de soleil pour se réchauffer, puisque ce sont des animaux à sang froid. Certains mâles vont émettre des fausses phéromones femelles afin d’attirer les autres mâles vers lui et ainsi le réchauffer plus rapidement. Cette technique sert aussi à éloigner les compétiteurs de la caverne d’où les femelles vont émerger afin d’y retourner rapidement pour se reproduire avec le plus grand nombre de celles-ci. Comme le nombre de mâles est généralement plus important que le nombre de femelles, il n’est pas rare d’observer plus de dix mâles essayant de s’accoupler à la même femelle, formant ainsi des « boules d’accouplement ». Une fois l’accouplement terminé, la femelle quitte vers un endroit propice pour passer l’été alors que les mâles restent sur place afin de s’accoupler avec d’autres femelles.

 

Canard colvert 

 

Très apprécié des enfants lorsqu’il barbote dans un étang, le canard colvert a pourtant un côté sombre au moment de la reproduction. La période nuptiale commence durant l’hiver, alors que les mâles tournent autour des femelles, gonflent leur poitrine et sifflent. Comme chez beaucoup d’espèces, c’est la femelle qui choisit son mâle pour former un couple monogame pour la saison. De retour dans leur aire de reproduction, la femelle fait le nid et le mâle, une fois les œufs pondus, quitte la femelle. Mais qu’arrive-t-il avec les mâles qui n’ont pas su se trouver de partenaire? Leur instinct de reproduction est très présent et ils vont essayer de s’accoupler avec des femelles déjà en « couple ». Contrairement à la plupart des oiseaux qui n’ont pas de pénis, le canard colvert fait partie du 3 % des oiseaux en ayant un. C’est d’ailleurs ce qui permet aux mâles de s’accoupler avec les femelles non consentantes. Il arrive même que plusieurs mâles forcent une femelle en vol à atterrir dans l’eau pour s’accoupler avec elle, ce qui peut causer des blessures et même la mort chez la femelle. Comme la nature est bien faite, les femelles colverts se sont adaptées à ce comportement et aussi à la forme particulière du pénis du canard colvert mâle. Comme le pénis est en forme de tire-bouchon, l’appareil génital femelle est long, en forme de spirale et possédant des pochettes. Cet appareil complexe permet d’empêcher la fertilisation par un mâle non désiré. Le sperme peut être retenu dans une des pochettes et rejeté par la suite.
Bien que toutes ses techniques puissent nous sembler étranges, chaque espèce animale a développé, au fil de l’évolution, des méthodes pour favoriser la séduction et la reproduction. Et qu’on le veuille ou non, l’homme en fait autant. Que ce soit en se parfumant, en changeant de coupe de cheveux ou en s’habillant différemment, chaque humain a sa technique pour attirer un partenaire. Alors, profitez de cette journée de la Saint-Valentin pour dire à votre être cher que vous l’aimez ou pour travailler votre technique de séduction!

 

Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’éducation
 

Photos : 
Wikimedia Commons, Flickr et Goodfreephoto
 
 

Sources :

Berger, Monique et Michel Gaudichon. Le Jardin secret des insectes. France : Éditions Eugen Ulmer, 2014. Imprimé.

Prescott, Jacques, Jean Ferron et Joëlle Taillon. Sur la piste de nos cervidés. Québec : Orinha media, 2013. Imprimé.

Faune et flore du pays. Le porc-épic, [En ligne]. http://www.hww.ca/fr/faune/mammiferes/le-porc-epic.html#sid5 (Page consultée le 13 février 2017)

Animal diversity web. Erethizon dorsatum, [En ligne]. http://animaldiversity.org/accounts/Erethizon_dorsatum/#reproduction (Page consultée le 13 février 2017)

Animal diversity web. Thamnophis sirtalis, [En ligne]. http://animaldiversity.org/accounts/Thamnophis_sirtalis/#reproduction (Page consultée le 13 février 2017)

LiveScience. Garter Snake Facts, [En ligne]. http://www.livescience.com/44072-garter-snake.html (Page consultée le 13 février 2017)

WebVet. Duck Mating: The sex lives of ducks, [En ligne]. http://www.webvet.com/main/2009/01/09/duck-mating-sex-lives-ducks (Page consultée le 14 février 2017)