Le blogue du Bioparc

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Porc sauvage à nos portes

Changements climatiques, réchauffement climatique, il est difficile de s’y retrouver. Pourtant, c’est un sujet très présent dans les médias et surtout lorsqu’il s’agit de parler des effets de ceux-ci. Tempêtes plus fréquentes et plus intenses, apparition de maladies et migration d’animaux vers le Nord sont des exemples souvent entendus. Avec les hivers plus doux et les quantités de neige moins importantes, le Québec n’est pas à l’abri de l’arrivée de nouvelles espèces animales et végétales. C’est le cas du sanglier, qui n’est pas encore présent, mais qui se retrouve aux portes de notre province. 

 

 

 

Le sanglier, originaire d’Eurasie, est une des espèces ayant la plus grande aire de distribution terrestre. On l’observe sur tous les continents, sauf l’Antarctique, et sur plusieurs îles océaniques. Cette distribution s’explique par une introduction volontaire du sanglier dans plusieurs régions, par les premiers explorateurs pour avoir un accès à de la viande sauvage et par la suite pour la chasse récréative. Mais l’introduction seule n’explique pas l’abondance de sanglier. En fait, sa capacité de reproduction élevée, son alimentation variée et la faible abondance de prédateurs sont des facteurs qui favorisent l’accroissement des populations.
Le sanglier est facilement reconnaissable par sa taille imposante, sa tête prolongée d’un museau très allongé appelé groin et ses canines particulièrement développées. D’ailleurs, ces canines poussent tout au long de la vie du sanglier et c’est en ouvrant et fermant la bouche que celui-ci aiguise ses canines les unes sur les autres. Les petits, du nombre de deux à dix et appelés marcassins, naissent lignés, ce qui leur procure du camouflage. Les lignes disparaissent vers six mois. C’est la femelle, ou la laie, qui s’occupe des petits avec d’autres femelles, formant une compagnie ou une harde de sangliers. Les mâles, mis à part au moment de la reproduction, sont plutôt solitaires.
Au Canada, le sanglier est présent à l’état sauvage dans les prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba). Des élevages sont aussi présents dans plusieurs provinces, dont le Québec, où le plus grand nombre de fermes étaient inventoriées en 2011. Bien que les éleveurs doivent s’assurer que les clôtures sont hermétiques et empêchent des sangliers de sortir, certains individus ont réussi à s’échapper. Ce sont d’ailleurs ces sangliers dont on a entendu parler dans les médias.
Le sanglier est une espèce qui a plusieurs effets négatifs sur son environnement en plus de causer des pertes économiques pour les agriculteurs. Entre autres, il cause la destruction des milieux humides, la perte de diversité végétale et la détérioration des sols. Puisqu’il est omnivore, il mange de tout et peut détruire des récoltes et s’attaquer à des animaux de ferme, sans oublier qu’il est vecteur de plusieurs maladies pouvant être transmises à l’humain et aux animaux d’élevage.
Bien qu’il ne soit pas encore une problématique au Québec, plusieurs organismes et ministères travaillent déjà sur le potentiel établissement du sanglier, pour éviter qu’une éventuelle situation devienne hors de contrôle comme c’est le cas en Saskatchewan et à certains endroits aux États-Unis. Des recommandations et des actions seront prises afin d’éviter son établissement. Comme on dit, mieux vaut prévenir que guérir!
Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’éducation
 
Sources : Samson, Jason (2016). Rapport final des travaux sur le risque d’établissement de sangliers de la portion stratégie de conservation des espèces menacées en date du 31 mars 2016. Montréal, Québec : Centre de la Science de la Biodiversité du Québec (CSBQ).

Photo : Wikimedia Commons